La petite âme de votre enfant aime beaucoup entendre de la poésie. Blotti près de lui, lisez un  poème tout doucement, tendrement.

Ensuite, demandez à votre enfant son avis, parlez ensemble, savourez le moment. Vous pouvez aussi l’inciter à «dessiner» le poème ou à écrire un petite texte poétique.

Une autre suggestion: Faites ensemble une banque de mots ou d’expressions que votre enfant particulièrement. Vous pouvez les écrire sur des rubans ou de petits papiers colorés. Ensuite, placez -les dans une boîte spéciale ou un joli contenant ou encore épinglez- les bien en vue. Relisez- les souvent, laissez- vous bercer par eux.

Voici ce qu’on dit de la poésie:


Café rapidus:

Nous sommes tous capables de nous émerveiller, de ressentir une émotion poétique devant un paysage…Mais comme les images ne sont pas assez fortes pour réveiller notre instinct poétique, le poète s’en charge.

Le poète a pour mission de multiplier les moments d’émotions intenses que nous vivons quand nous prenons conscience de la beauté autour de nous.

Sylvie Thierry-Askevis

«Voilà pourquoi j’aime la poésie.

Parce qu’en lisant un poème comme celui de Cendrars, je me demande pourquoi je n’avais jamais encore perçu un coucher de soleil sur la mer de cette manière. La prochaine fois, assurément, je serai plus vigilant.

Le seul point commun qu’on peut trouver en cherchant bien à tous ces genres qui n’en sont pas (vers vs poésie prosée, sonnets, formes contre fond) est la tendresse que portent les mots les uns pour les autres lorsqu’ils se retrouvent opportunément associés

Voici quelques-uns des mes poèmes pour les enfants:

Petites fleurs.

Des petites fleurs humbles et délicates

Courent le long des routes,

Gambadent autour des arbres,

Dansent dans les bois et dans les champs.

Ces bouquets échevelés m’attirent et m’appellent.

Cette passementerie de dentelles chuchote à mon oreille.

Ce sont des perles de vie, des gouttelettes de poésie.

Chaque pétale n’est-il pas une pierre précieuse?

Chaque herbage une étoffe soyeuse?

Chaque corolle une étoile du jour?

Du regard je les touche,

En pensée je les berce,

Avec leurs âmes je converse.

Ces petites fleurs simples et charmantes,

Ce sont mes sœurs.

Des éclats de bonheur,

Des petites fleurs de mon cœur.

Fête des trèfles

Il y a fête sur ma pelouse :

Le grand rassemblement des trèfles blancs.

Des centaines de petites têtes rondes

Viennent danser dans ma cour.

On dirait de la neige ensoleillée

Ou des confettis d’un blanc anisé.

Elles parfument mon nez,

Réjouissent mes yeux,

Chatouillent mon coeur.

Quelle merveille!

Quelle splendeur!

Il y a fête sur ma pelouse

Le grand rassemblement des trèfles blancs.

C’est si doux

Le velours des pétales de rose,

La crème au chocolat,

La mousse du savon sur ma peau.

Doux, c’est si doux.

Tes cheveux de soie,

Tes joues de satin,

Ta bouche, tes sourcils, tes bras.

Doux, c’est si doux

L’huile parfumée,

La peluche de mon ourson,

Le poil chaud des chats,

Doux, c’est si doux.

Le nacre des perles,

Le marbre des statues,

Les flocons de ouate.

Doux c’est si doux.

Mon chandail de cachemire,

Les draps fins de mon lit,

Mes bas de laine angora.

Doux , c’est si doux.

Le petit lapin blanc et bleu

Le petit lapin blanc et bleu joue un nouveau jeu.

Chut, chut , écoute, écoute.

Il décide d’être silencieux et d’ouvrir grand les yeux.

Il  contemple les fleurs, il hume leurs odeurs.

Il observe toutes les couleurs, ça réchauffe son cœur.

Chut, chut, écoute, écoute.

Il regarde les nuages, il leur confie des messages.

Il  surveille les gouttes pluie, elles ressemblent à des souris.

Il admire les étoiles argentées, il salue la lune dorée.

Chut, chut, écoute, écoute.

Il écoute tous les bruits, quelle étrange mélodie!

Il sent la caresse du vent, on dirait la main de sa maman.

Il berce  son cher toutou, c’est tellement doux.

Chut, chut, écoute, écoute.

Il imagine des amis, dans sa tête il leur sourit.

Longtemps il reste ainsi, tranquillement assis.

Pas besoin de  toujours bouger, il suffit de peu pour s’amuser.

Le petit lapin blanc et bleu, se trouve très heureux.

Chut, chut, écoute, écoute.

Les yeux fermés

Les yeux fermés,

J’imagine l’été.

C’est tout doré.

Les yeux fermés,

J’entends le bruit  du blé.

Qui valse dans les prés.

Les yeux fermés,

Ça sent sucré.

L’air est parfumé.

Les yeux fermés,

Je vois la neige de janvier.

Je suis bien près du foyer.

Les yeux fermés,

Je goûte le citron pressé.

Ça picote et c’est glacé.

Les yeux fermés,

Je joue avec mes pensées

Sous les étoiles argentées.

Les yeux fermés,

Je suis émerveillée.

Par tant de beauté.

Les yeux fermés

Les yeux mi -clos

Que c’est beau!

Ourson

Boule de neige c’est ton nom,

Toi mon beau gros ourson.

Tu es blanc comme la neige froide

Et douillet comme le sable chaud.

Tu es si beau, si fort et si gentil.

Boule de neige mon beau gros ourson.

Je t’amène partout où je vais.

Tu es mon gentil compagnon.

Je veux toujours t’aimer.

Boule de neige mon beau gros ourson

Tu m’écoutes attentivement quand je te parle.

Avec tes grands yeux tu me regardes.

Tu me transmet de doux messages.

Boule de neige mon beau gros ourson.

Ah! être forumi

Ah être fourmi!  Comme c’es  amusant

e courre tout le temps. Je suis toujours en mouvement

Je zigzague sans jamais m’arrrêter.

Je me promène entre tes gros pieds, moi, si petite et minuscule, toi si énorme, si gros. Pour moi tu es un géant.

Je n’ai pas la peur.

Je suis très courageuse. Je sais que je suis capable de courir vite et d’éviter les obstacles.

Oh! J’entends parler. Qui m’appelle? Où ça? Qui ça?

Je ne peux pas te parler longtemps. Je me dépêche.

Je suis très très occupée.

J’ai des rochers à grimper, des trous à creuser, de la nourriture à ramasser, une maison à construire. C’est long car je suis très petite.

Pour moi, une goutte d’eau est un lac, le gazon est une forêt, une roche est une montagne.

Mais je suis très patiente et curieuse.

J’aime travailler, jouer et explorer.

Je trouve que je fais une belle vie: Il y a tant de choses à faire et à découvrir.

Ah être fourmi comme c’est amusant!

Les couleurs

J’aime les couleurs, elles m’inspirent, me chatouillent, m’ensorcèlent.

D’abord le rouge, avec une pointe d’orangé ou de rosé. Il est si beau, presqu’à croquer. Il me rappelle les fruits mûrs de l’été, la fraise fraîche toute picotée, si invitante, si charmante. Et la framboise ruisselante de gouttes de rosée, d’un rouge tendre, pulpeux et bombée. Et la pomme marbrée de jaune et de vert. Elle brille, elle luit au soleil, elle scintille presque, éclatante de toute sa beauté.

J’aime aussi le jaune. On dirait qu’il crie, qu’il m’appelle : Regarde moi, prends moi ! Ah! Le jaune des jonquilles tranchant sur le vert tendre du printemps.

Le jaune citron si frais et pétillant, il rappelle le sorbet glacé et la limonade sucrée.

Et le jaune soleil chaud et doré. Il coule, dégouline et m’enrobe de son or liquide presqu’aveuglant.

J’aime le blanc, propre et calme, reposant et vivifiant. Si léger, si pur qu’il semble voler. Le blanc des voilages, de la dentelle et de l’organza. Le blanc des rideaux de mousseline, des nappes de taffetas. Le blanc des robes de mariée et des bonnets de bébé. Il sent la neige, la pureté et même les fleurs d’oranger.

J’aime le rose, c’est si romantique, si tendre. Il chuchote à mon cœur. Il réveille mes émotions. Il me fait vibrer, il me fait danser.Associé au violet, quel heureux mariage! Je m’imagine des prunes violacées dans un nid de barbe-à-papa rose et duveteux..Que c’est charmant!

J’aime le vert acidulé, le vert tendre du printemps. Il chante, il me raconte des histoires de bonbon, de jeunesse, de promesses.

J’aime le turquoise. Il est la mer, le soleil, l’été. Il m’envoûte et me charme de ses reflets azurés.

Qe dire des beiges, des bruns, des kakis ou des gris. C’est très conventionnel. Ça n’attire sûrement pas les fées, ni les mignonnes souris, ni les gentils lutins. Ce n’est pas assez joli. Il faut toujours les marier à des étincelles de couleurs riantes, alors un peu comme si ils portaient des bijoux fantaisistes, ils s’animent et peuvent enfin rire.

Quel merveilleux cadeau que toutes ces couleurs, elles habillent  la planète d’une multitude de robes aux nuances infinies. Elles la font danser au soleil pour leur plaisir de nos yeux réjouis.

Merci mon corps

Merci mon corps de me permettre d’être ici, de ressentir le monde à travers toi.

Merci mes yeux, grâce à vous je contemple les visages aimés, je joue avec les paysages, je me délecte des couleurs: Je m’enrobe de rose, je plonge dans le vert, je me perds dans les camaïeux de bleus.

Merci mon nez de me permettre de sentir les roses odorantes, l’orange pétillante, la peau satinée de mon bébé, le poil du chat, les feuilles séchées, la cannelle et le sapin.

Merci mes papilles de goûter les fraises fraîches, le chocolat et les myrtilles, la tomate gorgée de soleil, le pain grillé, le beurre fondant, le sucre et la vanille.

Merci ma peau à travers toi je sens la caresse de l’air, la chaleur du soleil, la douceur du velours, la fraîcheur de l’eau du ruisseau dansant.

Merci mes oreilles, avec vous j’écoute les musiques les plus variées: le ronron de mon chaton, le rire des enfants, le bruissement de la vague, les douces paroles des sages.

Merci ma tête, avec toi je rêve, je pense, je me raconte des histoires, j’invente des merveilles.

Merci mes jambes de me faire courir, marcher, danser. Merci mes bras et mes mains avec vous je prends et je donne, je caresse et j’étreins.

Merci mon cœur de pomper mon sang, de le purifier, de battre continuellement sans jamais te reposer. Merci mes poumons qui filtre l’air que je respire et mes os qui me supportent et mes reins et mon foie et tous mes organes qui fonctionnent si bien.

Merci à chacune des petites parties infimes mais si importantes qui me donnent la vie, qui me permettent d’être ici. Merci

Mon jardin

Tu as soif mon jardin?

J’accours, j’arrive.

Je viens t’arroser, te désaltérer.

Avec amour et tendresse,

Je te ferai boire tel un petit bébé.

De la bonne eau fraîche coulera dans ta gorge,

Descendra dans ton corps,

Ira humecter tes pieds.

Cet élixir précieux,

Se faufilera jusqu’à toi,

Faisant verdir tes feuilles,

Resplendir tes fleurs,

Gonfler tes fruits.

Ce nectar béni

T’apportera la force,

Fera circuler la vie,

De toi jusqu’à moi.

De là-bas à ici.

Avec le bout de mon doigt

Avec le bout de mon doigt

Je suis un magicien.

Quand je le veux, je tends le bras,

Pointe l’index et dessine dans le lointain.

Aussi loin que porte ma vue

Jusqu’au bout de la voûte céleste.

Dans le bleu le plus profond

Je barbouille les nuages,

Estompe le soleil,

Masque les avions.

Je n’ai qu’à étendre le bras

Pour toucher tous les arbres que je vois,

Pour m’approcher de leurs têtes douces.

Je trace leur contour,

J’ébouriffe leur cime.

Ma main suit chaque branche,

Monte et redescend,

Joue avec le feuillage,

Sculpte les troncs.

Mon doigt peut caresser les montagnes,

Courrir le long des vallons,

Flatter l‘horizon.

Il peut même grimper sur le dos des oiseaux,

Avec eux voyager,

Les suivre dans leur envol

Jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans l’immensité.

C’est merveilleux,

Je tends le bras,

Et je fais tout ça

Avec le bout de mon doigt.


Tissus merveilleux

J’aime sentir la caresse du tissus, sa texture, son mouvement sur ma peau.

J’aime la soie glissante et fraîche au toucher. Quel doux frisson!

J’aime la mousseline, le tulle et l’organza,. Diaphanes et légers ils me font rêver aux contrées lointaines, aux sultans et aux mosquées.

J’aime la laine. Elle picote mon épiderme, me masse, me frictionne. Elle sent l’hiver et les veillées au coin du feu.

J’aime la dentelle. On dirait des poèmes écrits en braille. Ce sont des chuchotements d amour, des murmures de joie.

J’aime la fourrure. Elle est douce, chaude et profonde. J’adore y enfouir mes doigts, mes orteils et même le bout de mon nez.

Quelle diversité! Quelles douces sensations !

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